Le temps qu’on a eu, traversé, usé, Claude Roy

Ce qui est la note fondamentale de l’attitude de Rembrandt (…) c’est l’évidence qu’a pour lui le prix de n’importe quel être : il n’y a pas pour lui de grands de la terre parmi les hommes, de beautés parmi les femmes. Le seul privilège qu’il reconnaît peut-être, c’est celui de cet extrême dénuement auquel conduit la richesse du temps – le temps qu’on a eu, traversé, usé, et qu’on n’a plus.

Claude Roy, extrait du chapitre Rembrandt dans l’essai L’amour de la peinture (1987, Éditions Gallimard)