Personne, jamais, n’appartient à personne, Maupassant

Personne, jamais, n’appartient à personne. On se prête, malgré soi, à ce jeu coquet ou passionné de la possession, mais on ne se donne jamais. L’homme, exaspéré par ce besoin d’être le maître de quelqu’un, a institué la tyrannie, l’esclavage et le mariage. Il peut tuer, torturer, emprisonner, mais la volonté humaine lui échappe toujours, quand même elle a consenti quelques instants à se soumettre.

Guy de Maupassant, Sur l’eau — Saint-Tropez, 12 avril, publié dans Les lettres et les arts du 1er mars 1888