Confession de Minuit, Georges Duhamel

« Un matin donc, le telephone se met a sonner. Je ne sais si vous êtes sensible aux sonneries, cloches, timbres et autres appareils de cette espèce infernale. Pour moi, j’exècre cela. L’existence d’une sonnerie électrique dans l’endroit ou je me tiens suffit a troubler ma vie ! Pour cette seule raison, il y a des moments ou je me félicite d’avoir quitte les bureaux. Une sonnerie, ce n’est pas un bruit comme les autres; c’est une vrille qui vous transperce soudain le corps, qui embroche vos pensées et qui arrête tout, jusqu’aux mouvements du coeur. On ne s’habitue pas a cela. »

Confession de minuit, Georges Duhamel (1920)